9 questions avec Marcia de Carvalho de Chaussettes Orphelines

Le 17 Septembre aux Ecuries Royales de Versailles, se tiendra le défilé de la nouvelle collection de la marque Chaussettes Orphelines.

Cette marque au nom qui parle à tous a commencé son aventure en 2008, créée par Marcia de Carvalho, styliste franco-brésilienne, l'idée et de réutiliser nos chaussettes seules, orphelines, (tu sais lorsque la machine à laver fait mystérieusement disparaître une de tes chaussettes et que t'as plus aucune paire complète?). Une des références parisiennes et françaises dans la mode recyclée !


Quel est le concept de ta marque et depuis combien de temps existe-t-elle ?

Chaussettes Orphelines est un projet de mode circulaire. Circulaire car on recycle des chaussettes, souvent ce sont celles dont on a perdu une chaussette sur les deux.

Il y a donc un aspect environnemental car on recycle, mais aussi un aspect solidaire car pour le processus de recyclage, nous faisons appel à des personnes en réinsertion. Il s'agit de femmes en situation de vulnérabilité dans des centres d'hébergement.

Avec ces femmes, nous animons aussi des ateliers de création textile, où les vêtements sont ensuite présentés lors des défilés solidaires. Ces ateliers sont aussi animés pour les enfants du quartier de la Goutte d'Or, nous les sensibilisons au recyclage et les aidons à développer leur créativité.

Que faisais-tu dans la vie avant de te lancer ? Quel a été ton parcours ?

Je suis styliste de formation. J'avais travaillé chez Chloé lorsque Monsieur Lagarfeld en était le directeur artistique. J'ai également travaillé chez Paule K, Azzaro, et plusieurs autres marques. J'ai également créé ma propre marque Marcia de Carvallho, maintenant celle-ci a fusionné avec Chaussettes Orphelines qui était initialement une association.


As-tu eu une prise de conscience qui t’a poussé à te lancer dans la mode responsable ?

En fait, cela s'est fait tout seul. J'avais déjà ma propre marque de vêtements, puis j'ai créé l'association Chaussettes Orphelines pour trouver du sens et créer cet aspect "engagement social" dans ma vie. Je l'ai créée il y a 11 ans maintenant. Je vivais dans le quartier de la Goutte d'Or et avait très envie de créer du lien entre les habitants du quartier, construire des choses ensemble... La meilleure façon de faire cela était par le biais d'une association.

C'est devenu très prenant rapidement. Je n'arrivais plus à tout faire, j'ai donc décidé de mon consacrer à Chaussettes Orphelines à 100% avec d'une part la marque de vêtements Chaussettes Orphelines, et d'autre part l'association Chaussettes Orphelines.

Je ne pouvais pas gérer une autre marque à côté en plus. Cela faisait trop pour une seule personne, même avec mes associé.e.s. J'ai donc mis ma marque de côté au profit de la marque Chaussettes Orphelines de Marcia de Carvalho.


Pourquoi avoir pensé aux chaussettes spécifiquement et pas tous ou d’autres vêtements ? Comment récupérez-vous les chaussettes ?

Pour les récupérer on fait des tours dans les quartiers, dans les entreprises, on met des annonces. Maintenant il y a aussi beaucoup de gens qui viennent nous les apporter d'eux-mêmes car ils ont entendu parler du projet ou l'ont vu dans les médias. Cela facilite grandement les choses !

Néanmoins, on continue malgré tout de faire des collectes car cela permet aussi de sensibiliser les personnes à la réduction des déchets dans la région.


Comment faites-vous pour recycler des chaussettes faites de différentes matières textiles ? Un gros tri est-il fait à l’arrivée des chaussettes ?

En fait on prend des centaines de kilos de chaussettes et là on fait un test avec une machine pour identifier la composition majoritaire. Le tri à l'arrivée est réalisé avec l'aide de personnes en réinsertion, il est très important car c'est là où les chaussettes vont être triées par couleur, cela évitera donc la teinture aux produits chimiques par la suite.


Quelle est ta pièce préférée de toutes les collections de la marque ?


J'adore les Funny, ce sont des chaussettes en coton, parfaites pour l'été car légères et très colorées. Je les porte en ce moment d'ailleurs !

Pour l'hiver, j'aime beaucoup les Laska. Leur matière est incroyable et je les trouve hyper confort pour les jours un peu plus froids. Nous avons des fils de lurex pailletés dans ces chaussettes, ce n'est pas écolo du tout, mais je revendique avant tout mon côté styliste. Et l'on ne peut pas être parfait. J'étais styliste avant d'être créatrice de mode éthique, je pense que la mode doit être comme cela : pour faire plaisir et faire des belles choses. Et aujourd'hui on peut faire des choses qui sont à la fois belles et écologiques.

Dans la nouvelle collection, j'adore nos sacs. C'est une nouveauté pour nous.







Chaussettes Orphelines a également un engagement social dans le quartier de la Goutte d’Or, était-ce important pour toi ?

Oui tout à fait. J'y tenais vraiment, c'était mon engagement personnel. Je suis vraiment très sensible à la solidarité et j'ai toujours eu envie de faire quelque chose pour contribuer à la société. Ce sont des ateliers créatifs mais ce n'est pas une formation textile. Il s'agit surtout de recréer du lien social au sein du quartier. Mais, dans un futur proche, nous avons aussi un projet de formation textile qui irait donc plus loin et proposerait un réel apprentissage professionnel aux personnes volontaires.


Que penses-tu de la mode dans le système actuel ? Comment la faire évoluer ?

La mode, la nourriture, toute l'industrie actuelle. Il faut que tout soit fait avec un minimum d'impact. Tout le monde devrait aller dans ce sens car on n'a plus trop le choix. Ce n'est plus une question de choix ou d'envie aujourd'hui, c'est une nécessité. On devrait arrêter de produire sans réfléchir. Le recyclage est pour moi une bonne solution. On a aussi la seconde-main qui est une bonne alternative. Il ne s'agit pas d'arrêter toute production mais de moins produire, de moins consommer neuf et se tourner vers d'autres alternatives plus responsables.


Pour terminer, quelle autre marque ou créateur/trice de mode éthique adores-tu ?

Olivier Battino, Anne-Christine Becker, nous faisons souvent des showrooms ensemble. Ce sont de vrais artisans et de superbes créateurs.

Je m'appelle Emma, j'ai 23 ans.
Minimaliste, végane et féministe décoloniale.


Je parle de mode, un secteur qui rassemble de nombreux systèmes d'oppressions.

J'ai décidé de déconstruire ces structures et de créer la mienne.
J'ai décidé de quitter le salariat et vivre de ce qui me fait vibrer.

J'ai décidé d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y créer ma place.

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