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La fétichisation et l'exotisation des personnes racisées dans la mode et la culture mainstream


Cet essai fut élaboré et écrit pour être diffusé au format audio et vidéo. Les écrits suivants en constituent donc le script. Pour écouter et/ou visionner l'essai complet, rendez-vous sur ce lien.



Tout à commencé lorsque Claire m'a envoyé un vocal me disant "t'as vu ce qu'il s'est passé avec Maison Cléo ?". Je n'avais pas vu. Elle m'a briefé-e. Puis en a fait un article pour Ancré Magazine (et pas Tapage comme je dis dans la vidéo).

Fanny du compte @thegreenimalist a ensuite fait un post Instagram pour exprimer sa déception.

Et moi, je me suis dit qu'il fallait faire une analyse approfondie du phénomène d'objectification, fétichisation et exotisation des femmes (mais pas que!) racisées dans l'industrie de la mode, et, au plus globalement, dans notre société.

Quels résidus coloniaux entrent-ils en jeu, pourquoi est-ce si compliqué de déconstruire certains biais, y-a-t'il des répercussions réelles sur les personnes racisées ?

On décortique tout ce qu'on peut en 45 minutes.


Racisme et mentalité coloniale

C’est le mot “racisme” qui l’aurait poussée à restreindre puis masquer tous les commentaires. Il a tendance à faire paniquer les blanc-hes privilégié-es c’est vrai. Car être pris pour un raciste ou se faire traiter de tel serait horrible. C’est une réelle angoisse.

cf. Why is it hard for white people to talk about race ? book

Le mot racisme est très large. Il peut être isolé, systémique, etc. J’aime traiter du racisme systémique car il est selon moi le plus profond, problématique et présent aujourd’hui. Le racisme comporte de nombreuses ramifications. Si le racisme, ou plutôt la xénophobie?, a toujours existé, le racisme que nous connaissons aujourd’hui, qui touche absolument toute la planète avec la réalité qu’être blanc-he est le summum du privilège date de la traite négrière et de la colonisation.

C’est à ce moment-là que l’idée de race sociale a réellement été conceptualisée, légitimée scientifiquement, moralement et socialement, et fondée sur le physique et la filiation. Très important la filiation (on peut s’élever socialement en mélangeant les races, mais bien sûr c’est rare car rabaissant pour les supérieurs, et envie de se marier en-dehors de sa race pour les afro-américains par exemple, femmes comme hommes utilisaient la sexualité pour survivre - coucher avec un-e blanc-he pouvait te sauver donc iels y allaient et étaient donc “faciles” parfois -, encensement du métissage en France, importance de la mère dans la judéité, etc.).

Et cette pensée coloniale a laissé des traces.

Parmi ces traces, on a l’exotisation et la fétichisation des personnes racisées. Et ces biais-là, sont des biais coloniaux et donc des biais racistes.

Ce n’est pas un gros mot, c’est un fait.


Lien avec l'appropriation culturelle et rappel de son fonctionnement

(Topo sur fonctionnement de l’appropriation culturelle)

Dans les deux cas, l’AC white-washe, brouille les cultures et dans le pire des cas invisibillise complètement les cultures d’origines déjà marginalisées.

cf. Extrait du livre sur L’AC (citation qui résume) par Romney quelque chose ?

Il me paraît toujours important en complément d’évoquer et de présenter le double standard lié à l’AC : la version revisitée et white-washée sera perçue comme stylée, tendance, originale, sexy sur une personne blanche ; mais bledard, non-assimilé, non-intégré, ou hyper-sexualisé sur une personne visiblement racisée.

Bloquons maintenant sur le mot “sexy” voulez-vous ?


L’hyper-sexualisation des femmes racisées

Noires, arabes, asiatiques, sur-américaines: explications pour chacune avec clichés associés.

Maison Cléo, en utilisant une qipao extrêmement raccourcie, perpétue ces stéréotypes de genre coloniaux et racistes. C’est cela le problème venant d’une marque éthique, en plus du fait qu’elle n’ai pas du tout donné d’explications quant à son inspiration et le nom du vêtement d’origine.

cf. Extrait de Beauté Fatale, de Mona Chollet

Les catégories pornographiques par race, qui contribuent à accentuer certains attributs physiques et donc à renforcer des stéréotypes raciaux et genrés.

Dans la mode, je pense au kimono qui est devenu une pièce de lingerie, ce que ce n’était pas du tout au début. Tout cela car les occidentaux de l’époque ont projeté leurs propres désirs sexuels sur les japonaises et en particulier sur les geishas qui n’étaient PAS DU TOUT des prostituées (sans faire du slut-shaming du tout mais il s’agit juste de décrire les choses de façon objective et de respecter les choix des gens).

Et chez les hommes ?

Stéréotypes de races en réalité car les noirs sont sauvages et agressifs : femmes comme hommes. Les asiatiques sont dociles et travailleureurses : femmes comme hommes.


L'exotisme et la fétichisation

Dans un monde globalisé, l’exotisme ne devrait pas exister (page 11 PDF) Il existe aujourd’hui et est légitimé au-travers de la pensée coloniale, raciste et de l’existence d’une culture inventée de toute pièces, labellisée exotique et white-washée (qui emprunte un peu partout). Cela est en réalité un fantasme.

Katy Perry et son costume de geisha qui est un mélange de plein de choses. Madonna pareil.

Maison Cléo avec le qiapao.

Bougies Hoozho avec le nom d’une spiritualité navajo et fonder leur concept dessus alors qu’il n’en est rien. C’est monté de toutes pièces pour vendre de l’exotisme et de la nouveauté à bon marché (sentiment d’excitation lié à l’exotisme). C’est plus simple de prendre quelque chose ailleurs et de le modeler plutôt que d’inventer quelque chose de totalement novateur.


Nous avons parlé de l’hyper-sexualisation et de l’exotisation. Parlons maintenant de fétichisation.

En quoi se différencie-t'elle de l'hyper-sexualisation et de l'exotisation ?


Exemple de la "Yellow-fever" et de l'auto-fétichisation comme partie intégrante de la stratégie géopolitique de Corée du Sud.

Quelles répercussions réelles ?

Des représentations qui formatent les communautés et leurs enfants et les pousse à perpétuer les stéréotypes raciaux auxquels iels sont exposé-es.

Un harcèlement sexuel prononcé découlant directement de la fétichisation des personnes racisées dans les médias (imaginaires coloniaux et racistes). Des phénomènes comme le transracialisme.




Sources et bibliographie :

En Français


- Podcast Binge Audio "Kiffe Ta Race" sur le métissage

- Essai "Qu'est-ce que l'exotisme" de Jean-François Staszak

- Post Instagram de Fanny @the_greenimalist sur la robe de Maison Cléo


En Anglais

- Étude "The Status of Black Women in the United States" (les études ethniques y sont autorisées)

- Essai "The Colonial Roots of the Racial Fetishization of Black Women" de Caren M. Holmes

- Article "Unmasking Racial Fetishization" de Hannah Kim-Cragg

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