9 questions avec Wendi de Maison Dassam

On change un peu des marques de "mode pure" avec vêtements et maroquinerie pour aller du côté de Maison Dassam. Une entreprise que j'ai découvert il y a peu de temps et que j'ai tout de suite adoré !


Je suis tombé amoureuse du fait que Wendi, la créatrice, mettait en avant un tissu africain autre que le wax, que ses produits étaient tous naturels et 100% produits au Burkina Faso, son pays d'origine. J'ai parcouru sa boutique en ligne avec un peu de nostalgie en retrouvant certaines plantes, éponges filets comme ont mes tantes ou encore savons solides colorés.


Avant de tout acheter comme une folle, j'ai décidé de contacter Wendi pour en savoir plus !


Quel est le concept de ta marque et depuis combien de temps existe-t-elle ?


Maison Dassam met en lumière le bien-être et l’art de vivre venu d’Afrique à travers ses savoir-faire et ses richesses naturelles. Inspiré de la sagesse et des traditions ancestrales, je propose des produits raffinés pour la maison et pour le corps : des soins 100% naturels, des infusions et plantes bienfaisantes, ainsi que de la décoration et des accessoires faits main. La marque existe depuis deux ans.

Que faisais-tu dans la vie avant de te lancer ? As-tu eu une prise de conscience qui t’a poussé à te lancer dans la mode engagée (éco-responsable et afro) ?


Avant de créer Maison Dassam j’étais Chef de Projet Merchandising dans le secteur du luxe et des cosmétiques, j’ai travaillé pour plusieurs maisons et également en agence. Cette dernière année en agence ne s’est pas bien terminé et plutôt que de continuer dans le salariat, mon conjoint m’a convaincu de lancer mon projet entrepreneurial que je murissais depuis quelques temps.

Ma prise de conscience s’est faite des années auparavant, en changeant mon régime alimentaire et en devant végétarienne j’en ai appris plus. Et petit à petit, le changement s’est opéré dans mon mode de consommation, mes produits de beautés, la mode fast fashion, la réduction des déchets etc…

Ce n’est pas ce qui était au cœur de mon souhait de lancer mon entreprise, ma volonté était plutôt de redonner ses lettres de noblesse à l’Afrique. Faire découvrir et re-découvrir les rituels de beauté du continent ainsi que son artisanat, revenir aux sources. Le faire de façon éco responsable allait de soi.

Maison Dassam met en valeur le savoir-faire d’artisans en Afrique, dans quels pays en particulier et pourquoi ces pays-là ? Il y a également un aspect solidaire via le parrainage, peux-tu nous en dire plus sur ce projet à vocation humanitaire ?

Pour le moment avec Maison Dassam je me concentre sur le Burkina Faso car il s’agit de mon pays d’origine, mais je tends à m’étendre sur l’Afrique de l’Ouest de façon plus large par la suite. Aujourd’hui l’aspect solidaire se traduit par le fait que je travaille avec des associations de femmes et des producteurs locaux. Il n’y a aucun intermédiaire, nous sommes en contact direct ce qui me permet d’être au cœur de leur métier et d’en apprendre plus et bien sur de pouvoir les rémunérer à la juste hauteur de leur travail.

L’aspect parrainage est en souhait que je souhaite mettre en place dès que l’entreprise sera financièrement stable afin de pouvoir aider des associations, des actions locales, des écoles voir même des entrepreneur.e.s si possible.

Tes produits sont bios, végétaux et avec emballages recyclables. Pourquoi ce choix ? Penses-tu que les produits éco-responsables et végans sont un axe intéressant de développement pour l’Afrique ?

Car je m’inspire des rituels de beauté africains et c’est ce cette façon qu’ils sont fabriqués. D’antan il n’y avait pas de chimie, de produits transformés pour prendre soin de soi ou de ses enfants. Ont se servaient des plantes, de la nature.

Je ne pense pas que ça soit un axe de développement, selon moi ça a toujours été le cas. C’est la raison pour laquelle certain.e.s ont cette envie « d’ailleurs » en se tournant vers des produits conventionnels européens, pour caser leur routine quotidienne et tester de nouvelles choses qu’ils n’ont pas l’habitude d’utiliser.

Je parle ici des produits naturels/éco responsables sans qu’ils soient particulièrement végans, car des ingrédients comme la cire d’abeille sont utilisés. Cependant il n’y a pas du tout de test sur les animaux que je sache.

Tu possèdes une double culture : française et burkinabée. Tes pochettes, coussins, et linges de maison sont en édition limitées. Pourquoi ce choix ?


Chaque pièce est réalisée à la main et demande des heures et des heures de travail en commencent par le tissage du pagne et ensuite par la confection. La notion d’édition limitée est dû au fait qu’il s’agit d’une production artisanale, à la main et que les tisserandes et couturiers avec qui je collabore ne travaillent pas à la chaine.

Parmi tous les tissus burkinabés pourquoi avoir choisi le Faso Dan Fani ? Peux-tu nous en dire plus sur ce tissu traditionnel et comment il s’inscrit dans ton histoire et celle de Maison Dassam ?


Il existe plusieurs tissus commercialisés au Burkina Faso mais Le Faso Dan Fani est l’étoffe traditionnel du pays, c’est tout simplement pour cette raison que je l’ai choisi.

Il est très peu connu et mériterai de l’être plus au vu de sa qualité et de sa beauté. Ce tissu a été remis sur le devant de la scène grâce à Thomas Sankara, au pouvoir au Burkina dans les années 80. Son désire étant que la population s’habille et s’émancipe grâce son savoir faire.

Parlons d’appropriation culturelle dans le monde de la mode. Où est la limite d’après toi ? Quelle est la différence entre appréciation et appropriation culturelle ? A qui sont destinés sont destinés tes produits ?

Pour moi l’appréciation culturelle est le fait de s’inspirer d’une culture, de ses codes et de les retranscrire à travers son art (musical, décoratif, vestimentaire comme il est question ici) tout en citant ces sources d’inspirations : c’est clairement un hommage / une mise en lumière. L’appropriation en revanche, est le fait de reprendre ces codes culturels sans donner de crédit à la culture d’origine, pire citer une source d’inspiration qui n’est pas l’original.

Plus globalement ce qui personnellement me dérange dans cet aspect est le fait que venant d’une culture d’origine ces codes sont dénigrés en revanche repris par la culture dominante, cette fois ci c’est « trendy, original, génial » !

Mes produits sont destinés aux personnes désireuses de se rapprocher de produits sains, naturels, fait main (pour les tissus) pour se faire du bien et découvrir la beauté des richesses africaines.


Que penses-tu de la mode dans le système actuel ? Comment la changer : par une révolution ou petit à petit ?

Comme tout je pense que les choses se font petit à petit, même les changements que l’on pense être radicaux sont arrivés à force de répétition acharné !

Les mentalités changent de plus en plus, les gens s’éduquent, s’informent (volontairement ou non) il est difficile de dire aujourd’hui que « l’on n’est pas au courant » des impacts qu’il y a sur la société et l’environnement.


Pour terminer, quelle autre marque ou créateur/trice de mode éthique adores-tu ?

Sincèrement il y en a énormement, le plus simple est de voir celles que je suis sur insta, mais de mémoire je peux citer Nouvelles Allures, Tet Maré, Salyel, Ndozi Congo… pour ne citer que les marques de mode.

Minimaliste. Végane et féministe décoloniale. Je m'intéresse énormément à la mode, une mode dans laquelle je retrouverais mes valeurs inclusive et serais fière de porter.

J'ai envie d'apprendre, d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y trouver ma place.
Dans la vie je suis aussi une grande angoissée et j'adore me poser plein de questions. 
Tu peux retrouver mes réflexions dans mes articles du blog ou tous les jours sur instagram dans mes stories. 

A très vite !

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