Bershka : fast fashion en progrès ?

Ado, j'adorais Bershka. En soit, même si je n'ai pas regardé leurs collections depuis longtemps, je pense que j'aime toujours autant l'esthétique de la marque. Une sorte de Zara un peu plus "edgy".

Néanmoins, je n'y ai pas mis les pieds depuis 3 ou 4 ans maintenant, depuis ma transition vers une mode plus responsable et éthique.


En effet, Bershka c'est le groupe espagnol Inditex dans lequel on retrouve Zara, Massimo Dutti, Oysho, Pull and Bear ou encore Stradivarius. Bref, la quintessence de la fast fashion et de la mode jetable.


Néanmoins, parfois j'ai envie de craquer... Depuis plusieurs mois j'ai très envie d'un pantalon cargo un peu streetwear. Evidemment, dur de trouver ce genre de pièces pointues en mode éthique. Peut-être éventuellement chez Nu-in, mais, comme tu le sais, nous sommes en froid... (cf. mon article Everlane VS Nu-in).


Bref, je sais que Bershka c'est loin d'être la folie niveau éthique. Tu le sais aussi. Mais pour quelles raisons ? Je te propose d'analyser tout ça et de juger ensuite.

Commençons par le site. Je n'ai pas pu mettre les pieds dans une boutique car il n'y en a pas autour de chez moi et je n'ai pas envie de prendre la voiture juste pour ça. Je pense que tu me comprends.

Bref, sur le site nous sommes accueilli.e.s par un -40% alors que nous ne sommes pas en période de soldes. Une bannière met en avant la nouvelle collection sur le thème des vacances style années 70's. Le choix est hyper large aussi tellement il ya de vêtements disponibles, on peut même acheter des packs entiers. Du coup on se perd vite et une frénésie d'achat se met en place.


On semble donc sur un cas assez classique de fast-fashion : énormément de collections, des vêtements tendances et très peu de basiques, ainsi que des formulations poussant à la sur-consommation.


Mais ne faisons pas de conclusions hâtives et analysons la marque selon plusieurs axes :


Environnement


Concernant les matières, Bershka reste dans le très classique et peu éco-responsable : beaucoup de viscose, de polyester et d'élasthanne. On retrouve même du polyester dans les jeans alors qu'on ne devrait y avoir que du coton et un peu d'élasthanne.


Même la composition de leurs jeans Join Life - leur collection "green" - laisse à désirer : on a du coton conventionnel (non-biologique) et 2% d'élasthanne.


Quelques pièces sont clairement stipulées : en lin. On a un blazer en lin en plusieurs coloris et plusieurs shorts. Mais lorsqu'on regarde leur composition réelle, on se rend vite compte que le lin ne représente que 23% à 51% de la composition totale. Le reste étant du polyester, de la viscose ou de l'élasthanne. Et ce même dans la collection Join Life.


Toujours niveau environnement, le fait qu'il y ait énormément de choix et des nouvelles collections plusieurs fois par saison est également problématique. En effet, cela implique de devoir énormément produire et donc d'utiliser énormément de ressources. Pour une marque qui s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effets de serre tout le long de sa chaîne de production et de transport c'est mal parti...


Ethique et responsabilité sociale


Un peu plus de 50% de la production textile de Bershka est localisée en Espagne. C'est un pays encadré par les régulations européennes donc il y a moins de risque d'y trouver des abus.

Le Fashion Transparency Index lui a donné un score de 51-60% en terme de transparence. Il y a quelques audits de réalisés auprès de leurs fournisseurs. Bershka a également dit s'être assuré que tous ses sous-traitants seraient payés malgré la crise du COVID-19. Néanmoins il n'y a aucune preuve concernant ce point. Bershka fait également partie du groupe Inditex qui a été impliqué dans le scandale Ouïghour. Bof, bof.


Bien-être animal


La marque est loin d'être végane. Certes elle a banni le cuir d'animaux exotiques et la fourrure mais c'est franchement le BA-ba non ?

Bershka continue d'utiliser du cuir, de la laine et des poils d'animaux exotiques sans donner d'informations concernant l'origine de ces matières et le traitement des animaux exploités pour les fournir.


Inclusivité


Bershka propose une gamme de tailles allant du XS au XL. Pour une marque avant autant d'argent et donc ayant les moyens de faire plus de tailles, c'est peu. Je m'attendais à au moins du XXL. Au moins.

Les modèles mis en avant sont tous-x-tes minces et portent du S.

Néanmoins, on voit différentes ethnies, en particulier blanche-occidentale et noire. Concernant les mannequins noir.e.s, j'apprécie le fait que plusieurs coiffures soient mises en avant. On n'a pas que des perruques et des tissages mais aussi des tresses - collées, croisées, box braids - et des afros. C'est appréciable.


Que penser du programme écologique et responsable de Bershka : "Join Life". Est-ce un réel progrès ou du green-washing ?

Le programme passe par supprimer les sacs plastiques en magasin. Ce qui a été réalisé à 100% en 2020.

L'idée est maintenant de se concentrer sur les matières pour que celles-ci soient plus faciles à recycler (éviter trop de mélanges de textiles dans un design). Bershka dit aussi vouloir créer des collections entières à base de chutes de tissus et d'excédents textiles. C'est une bonne chose. Néanmoins, dans tout cela, l'aspect éthique n'est pas abordé par la marque (usines, ouvrier.e.s, salaires, ...) et le problème de sur-production non-plus.


Je te ferais une analyse détaillée du programme Join Life d'Inditex très bientôt dans un article dédié.


Pour conclure, je dirais que Bershka est résolument une marque de fast-fashion et que ses soit-disant efforts ne sont pas crédibles.

J'aurais vraiment aimé dire du bien de la marque et remarquer ses efforts pourtant... Néanmoins, tout ce qui est avancé par Bershka est fait sans preuves derrière. On ne peut donc que les croire sur parole et on sait bien qu'il ne faut pas faire aveuglément confiance à ces entreprises. C'est donc un non et c'est bien dommage.

🇫🇷 Tu n’as pas le droit de manger ça n

Je m'appelle Emma, j'ai 24 ans.
Minimaliste, végane et féministe décoloniale.


Je parle de mode, un secteur qui rassemble de nombreux systèmes d'oppressions.

J'ai décidé de déconstruire ces structures et de créer la mienne.
J'ai décidé de quitter le salariat et vivre de ce qui me fait vibrer.

J'ai décidé d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y créer ma place.

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