Pourquoi manger du miel ne sauvera pas les abeilles

Mis à jour : avr. 20


J'ai appris récemment que le miel était n°1 du petit déjeuner en termes de ventes en France.

Je ne m'y attendais pas et ce constat m'a un peu alarmée.


Tu pourrais te dire que ma réaction est bizarre, mais, laisse-moi rentrer dans le détail.


Nous savons tous que le nombre d'abeilles diminue drastiquement d'année en année.

En France, c'est 30% des colonies d'abeilles disparaissent tous les ans. 

Ce constat est inquiétant car les abeilles occupent une place primordiale pour l'équilibre de la biodiversité.

Du coup, on pourrait se dire : acheter plus de miel = doper la demande = soutenir les abeilles.

C'est ce qu'il se passe aujourd'hui.

De nombreuses initiatives ont été mises en place ces dernières années. Incitations à consommer plus de miel Français, limitation de l'usage des pesticides, mais aussi multiplication des ruches urbaines. 


Ce qui semble être oublié dans ces initiatives, c'est que toutes les abeilles ne sont pas les mêmes. 


Les abeilles que l'on connait le plus sont les abeilles domestiques. Mais, celles-ci ne sont pas les seules et loin d'être celles étant le plus en danger. En fait, le nombre de ruches domestiques ne diminue pas en France, et ce depuis 30 ans. Ce sont les abeilles sauvages qui sont donc en danger. 


Pourquoi ? 

Car l'augmentation du nombre d'abeilles domestiques dérègle les éco-systèmes. Au grand damn des abeilles sauvages. 


Comment ça se fait ?

Ces insectes domestiqués ont un territoire d'action plus limité que leurs soeurs domestiques qui elles, peuvent voyager sur une dizaine de km. Ils volent donc plus loin et empiètent sur les territoires des autres abeilles. 

Les abeilles domestiquent commencent aussi leur journée plus tôt et ont donc un avantage considérable en plus sur leurs congénères sauvages. Les apiculteurs chauffent les ruches artificiellement et cela permet donc aux abeilles domestiques de se réchauffer la nuit et sortir tôt le matin, contrairement aux abeilles survivant sans chauffage. 


C'est une concurrence des ressources qui se met en place mais où les deux partis ne sont pas à armes égales. 


Conséquence ?

Les abeilles domestiquent consomment le pollen des abeilles sauvages et les condamnent donc à mourir de faim. 

Donc, effectivement, manger plus de miel contribuera à sauver les abeilles domestiques mais à tuer les abeilles sauvages.


De plus, exploiter les abeilles domestiques en volant leur miel (avec toutes les problématiques de transport des ruches, d'enfumage, de remplacement de reines et de sectionnement de leurs ailes dans certains cas) n'est pas forcément l'idéal non plus. 

Mais est-ce vraiment un problème ? Ne pourrait-on pas juste assurer la pollinisation de toutes les espèces végétales avec des abeilles domestiques ? 


Pas vraiment. 


En fait, nous avons tendance à protéger les abeilles faiseuses de miel (pour des questions de profit), mais, 90% des abeilles sauvages en France ne font en fait pas de miel. 

Il n'y a pas que deux sortes d'abeilles sauvages, il y a 1000 espèces en France et près de 20 000 dans le monde. 

Ce sont elles qui s'occupent en grande majorité de la pollinisation et donc de la survie de plus de 80% des fleurs et plantes.

Les abeilles domestiques ne s'occupent que de 15% des végétaux existants. Certaines espèces végétales ne peuvent en plus être pollinisées que par une certaine espèce d'abeille et pas une autre. La disparition de l'une entrainera donc celle de l'autre. 


La nature était bien faite à la base... 


Au passage, préserver les abeilles sauvages n'a pas qu'un intérêt environnemental mais également économique. Oui, car 75% des récoltes agricoles dépendent aussi de ces abeilles sauvages et permettent d'éviter une pollinisation à la main ou via des machines très énergivores. 

Plus d'abeilles ? Plus d'artichauts, de pommes, d'oignons, de cerises, de radis, citrons, fèves, fraises, citrouilles, chou et bien d'autres... 

On est mal barrés.


Pour réellement tenter de sauver les populations d'abeilles sauvages, il s'agit donc plutôt de consommer et planter plus de végétaux locaux riches en pollen et nectar (et sans pesticides) comme le pissenlit, l'ortie, la lavande, le thym, le fenouil, la sauge, le tournesol, l'origan, la menthe ou encore le trèfle (des graines de trèfle sont fournies par certains apiculteurs justement pour aider les abeilles) et surtout de laisser les mauvaises herbes dans un coin du jardin !

Si tu es en appartement ou en ville, tu peux aussi végétaliser ton balcon, promouvoir des initiatives de potagers de quartier plutôt que l'installation de ruches et manger bio (sans pesticides).


Consommer du miel n'est donc pas vraiment la solution, il serait plus intéressant pour les éco-systèmes de réintroduire plus d'espèces d'abeilles sauvages et de préserver certaines zones naturelles protégées (aujourd'hui convoitées par des associations d'apiculteurs pour y installer des ruches d'abeilles domestiques). 



Quelques pétitions  et informations complémentaires:

https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1022/faisons-interdire-les-pesticides-neonicotinoides

https://www.pollinis.org/

https://www.agriculture-environnement.fr/2015/11/29/apis-mellifera-menace-les-abeilles-sauvages

http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Agroecologie/Toutes-les-actualites/Concurrence-alimentaire-entre-abeilles-sauvages-et-domestiques

http://minuitsurterre.com/pourquoi-les-veganes-ne-mangent-pas-de-miel/

Je m'appelle Emma, j'ai 23 ans.
Minimaliste, végane et féministe décoloniale.


Je parle de mode, un secteur qui rassemble de nombreux systèmes d'oppressions.

J'ai décidé de déconstruire ces structures et de créer la mienne.
J'ai décidé de quitter le salariat et vivre de ce qui me fait vibrer.

J'ai décidé d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y créer ma place.

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