Procrastination: l'amour de la daube

Mis à jour : avr. 20


Il reste quelques jours avant la deadline, je peux largement finir ça à temps.

Je m'y mettrais plus tard.

Des phrases qui nous traversent l'esprit tous les jours, que ce soit pour l'école ou le travail.


Alors, oui, en tant que maîtres de la procrastination, on s'y met au dernier moment, on carbure et on rend le projet à temps.

Ce n'aura pas forcément été notre meilleur travail mais bon... Le stress est parfois un boost, puis même si ça ne l'est pas, on s'en contente, parce que ce cours ou ce job, on s'en fout un peu.

Etre dans la moyenne nous suffit amplement pour le moment.

Mais est-ce que l'on veut vraiment se satisfaire de cette vie moyenne ?

Non bien sûr.

Alors on s'imagine de nouveaux projets et hobbies dans lesquels se lancer. Des activités qui pourraient enrichir notre vie personnelle, et peut-être même professionnelle sur la durée.

Mais cela reste à l'état d'idée. Parce que nous avons 2000 nouvelles idées par jour, que l'on change d'avis tout le temps et puis de toute façon, on n'a pas le temps.

Pas le temps...

On se dit ça au moins une fois par jour. Pour éviter de lire un chapitre un peu trop long, regarder un reportage, commencer un nouveau projet ou finir son prochain article...

J'avais dit que je commencerais à 15H, il est 15H02. Bah je m'y mettrais à 16H.

Alors on chill, avec en fond une émission bien moisie que l'on finira par regarder pendant 3 heures d'affilé. C'est sûr que l'on aurait pas eu le temps de bosser.

Pourtant, cela nous fait plaisir d'apprendre, de lire, nous renseigner et être productif. Preuve que notre cerveau en demande non ?

Pourtant, dès que l'on se repose un peu, il retourne procrastiner avec de la télé-réalité.

Problématique.

Mais c'est addictif.

Regarder des reportages moisis, une saison des Marseillais d'il y a 3 ans, trainer sur les réseaux sociaux pendant des heures et finir sur une vidéo YouTube compilant les meilleurs tweets de Selena Gomez critiquant Miley Cyrus.

Si stimulant... le temps manque vraiment pour se concentrer sur autre chose.

Le pire, c'est que nous sommes conscients de nous mentir à nous-mêmes. Ce n'est pas comme si on s'accordait une pause détente après avoir bien bossé, parce qu'on ne fait que cela: ingurgiter de la daube.

Alors oui, il faut parfois poser le cerveau, mais quand on le pose trop ça devient une pathologie.

Ce n'est plus de la procrastination mais une transformation progressive en légume.

On se complait dans ces plaisirs coupables sans avoir mérité outre mesure ce moment d'abandon intellectuel. C'est sympa au début mais plus on s'enlise plus on déprime. Alors on se plaint : je n'ai rien à faire, je m'ennuie, ce truc que je regarde depuis 3 heures est pourri, y'a rien à faire.

Aujourd'hui, avec l'étendue des possibilités, s'ennuyer est impossible.

Mais pour autant, on ne se bouge pas car on est devenu paresseux.

Et puis surtout, car il n'y a aucune deadline pour nous mettre la pression.

Oui, ce qui pousse un procrasinateur à se bouger rapidement et s'immerger dans le travail c'est la panique et l'approche de la date butoir.

Lorsqu'on doit travailler sur soi, apprendre de nouvelles choses n'étant pas liées à notre job ou nos études, on peut tous les jours remettre à demain. Jusqu'à ce que l'on meure en fait.

On se sera contentés d'une vie médiocre toute notre existence, sans aucun nouveau hobby et sans avoir travaillé sur nous-mêmes.

Coudre nos propres vêtements, écrire un livre, apprendre à cuisiner, mettre de côté pour un road trip, tester un nouveau sport, lire la biographie d'untel ou voir son expo.

Autant d'idées interessantes qui seront restées à l'état de rêve.

Pourquoi ?

Parce que l'on préférait regarder le même film pour la 12ème fois, se faire livrer le dîner et passer tous nos week-ends au même endroit.

Je ne prétends pas être une experte dans ce qui est de se motiver à expérimenter toutes ces nouvelles activités.

Justement, j'ai souvent du mal à enlever mon plaid et concrétiser une de mes idées. Mais, lorsque je le fais, je suis super fière et me lance dans une nouvelle dynamique productive.

Jusqu'à la prochaine fois...

Alors parfois il faut nous forcer.

Ou alors, dès que l'on a une idée, la mettre en application immédiatement au lieu de faire taire notre enthousiasme et remettre cela à plus tard.

Plus nous grandissons, moins nous aurons de pression à travailler sur ces choses qui nous enrichissent personnellement.

Au collège, au lycée ou en prépa nous étions obligés de lire, nous cultiver à tous les niveaux, faire de l'art plastique, écrire, faire plein de sports différents et partir en voyage de classe. Mais aujourd'hui, nous devons faire tout cela de nous-mêmes.

Plus personne pour nous pousser, à part notre conscience que l'on peut facilement ignorer au risque de devenir un éternel insatisfait.

Une vie monotone et redondante ne fait envie à personne n'est-ce-pas ?

Alors il faut nous lancer, nous informer, tenter de nouvelles choses. Si cela ne nous plait finalement pas, tant pis, on essayera autre chose.

Au moins nous aurons entrepris et pris notre vie en main plutôt que de stagner et nous complaire dans notre inactivité.

Pas de deadline pour nous motiver? Nous pouvons nous en créer nous-mêmes.

Avec Reminders, Cold Turkey Writer, les bullet journals, to-do lists, bucket lists, Open Classroom, les ateliers et conventions partout en France pour se rencontrer et progresser ensemble, on peut le faire.

Les moyens pour mettre à distance les distractions malsaines aidant à procrastiner ne manquent pas.

Et à la fin de la journée, nous serons vraiment fiers d'avoir découvert un nouvel endroit et lu un bon bouquin. Plus en tout cas que si on avait passé 12 heures dans notre salon à regarder Netflix.

La vie de nos rêves est à portée de main si nous nous en donnons les moyens.

#procrastination #projet #évoluer #changement #adulting #productivité

Je m'appelle Emma, j'ai 23 ans.
Minimaliste, végane et féministe décoloniale.


Je parle de mode, un secteur qui rassemble de nombreux systèmes d'oppressions.

J'ai décidé de déconstruire ces structures et de créer la mienne.
J'ai décidé de quitter le salariat et vivre de ce qui me fait vibrer.

J'ai décidé d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y créer ma place.

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