Tatouage et rapport à soi, comment le tatouage m'a permis de m'affirmer

Cet art qu'est le tatouage...

Pour la génération de nos grands-parents, ils étaient réservés aux marins et aux motards. Pour nos parents, ils sont encore parfois mal considérés.

Notre génération, elle, a totalement intégré l'art du tatouage dans ses mœurs.

De nombreuses conventions existent, et ce depuis les années 90. Plus besoin de les cacher en entreprise - en général - et de plus en plus d'entre nous en ont ou projettent d'en faire un.


Aujourd'hui j'ai 7 tatouages au compteur. J'ai fait le premier le jour de mes 18 ans puis j'ai continué avec un nouveau tous les un ou deux ans.

Le premier découlait d'une fascination pour cet univers et surtout une envie irrépressible de me marquer mon corps de mes expériences. Une fois ce premier pas fait, les autres sont arrivés car j'avais le sentiment d'avoir d'autres choses à raconter, à dire au travers de cet art.

Lorsque l'on décide de se faire tatouer, il me semble que c'est un acte très personnel. Une envie d'inscrire sur notre corps un élément qui nous parle et nous touche. C'est une envie de retranscrire un élément psychologique et personnel, de façon physique. Cela n'a donc, a priori, rien à voir avec les autres, quoi que...


D'où vient le mot "tatouage" ?


Le mot tatouage vient du tahitien "tatau". Dérivé de l'expression "Ta-atouas". "Ta" signifie "dessin", "atua" est "le dieu, divin, l'esprit". Le mot "tatau" en tant que tel veut dire "marquer", "dessiner".

Le mot français qui en découle : tatouage, fait son apparition dans notre dictionnaire officiel en 1798.


D'où vient cette pratique ?

Les premiers tatouages datent du Néolithique.

Ensuite, on en a retrouvé sur des momies féminines d'Egypte. Celles-ci dataient de 5000 ans. On en a aussi retrouvé en Asie Centrale, datant cette fois de 2500 ans. On en retrouve aussi chez les Mayas. Bref, c'est une pratique qui date.

A l'époque, le tatouage avait sûrement une fonction décorative mais surtout protectrice, religieuse, et marquaient l'âge ou la classe sociale.


En Afrique de l'Ouest (mais pas que !), il est souvent associé à l'art de la scarification. On retrouve des séries de points similaires aux tatouages Egyptiens, des croissants de lune, des traits ou encore des losanges.

Ces motifs sont entaillés dans la peau - à l'aide d'un couteau, d'une pierre, de verre ou encore d'une coque de noix de coco - cicatrices pour embellir le corps, exprimer son appartenance à un groupe ethnique, une famille, marquer les étapes de la vie, le passage à la puberté ou encore témoigner de sa bravoure.


Le tatouage a aussi été entaché de par son utilisation pour marquer les esclaves Noirs ou les Juifs durant la deuxième guerre mondiale.



Si la pratique du tatouage a évolué depuis, je trouve que cet art reste un moyen d'exprimer son individualité, sa personnalité, mais aussi son appartenance à une certaine communauté - celle des tatoué.e.s, des encré.e.s -.

Tout comme la façon dont nous nous habillons, nous coiffons ou nous comportons, le tatouage participe aussi à forger notre image aux yeux des autres.

Et nous le savons. Alors, même si je n'expliquerais probablement pas au premier venu l'origine de mes tattoos, j'aime parfois les considérer comme partie intégrante de mon style, de ma personnalité, ainsi que de mon positionnement dans la société (même si le tatouage est de plus en plus accepté).


Lorsque je rencontre quelqu'un et que j'entraperçois un tattoo dépassant de sa manche, mes yeux pétillent, comme si, d'un coup, je me sentais plus proche de cette personne. D'un coup, nous partageons quelque chose. Une potentielle passion.

Et, même si l'on ne détaille pas la signification profonde de nos tatouages au premier ou à la première venu.e, une connexion peut se créer. Un peu comme quand tu croises un.e autre végane tu vois ? Je plaisante.


Le tatouage n'est pas uniquement personnel car, par la force des choses, le monde peut voir ces éléments physiques et donc nous placer dans une catégorie. Nous exprimons tous plus ou moins notre personnalité au travers de notre apparence. Notre corps et ce que l'on y grave participent montrer aux autres un élément de notre personnalité.


Pour moi, les modifications corporelles font partie de cette personnalité. Elles me permettent de satisfaire un besoin double voire même triple : celui de retranscrire sur mon corps mes réflexions et goûts personnels, celui de me différencier de la masse en créant ma propre image. Et, le dernier mais non le moindre, celui de me réapropprier mon corps.

Me tatouer est souvent un exutoire, un défouloir, la résultante d'un besoin viscéral de m'exprimer, d'évoluer et de me construire.


Scarifier, imprimer dans ma chair une certaine révélation identitaire.

Satisfaire cela me permet de progresser, d'évoluer et de me comprendre de mieux en mieux.

Nous cherchons tous à comprendre et exprimer qui nous sommes au travers de notre apparence. Nous aimons par exemple porter des vêtements qui nous plaisent et nous sentons tous mal à l'aise dans un style qui ne nous convient pas. Lorsque certains choisiront de l'exprimer via leur couleur de cheveux, leurs piercings ou leur forme de lunettes, d'autres choisiront le tatouage pour se sentir eux-mêmes.

Nous ne pouvons nous construire qu'en nous réappropriant notre propre histoire, notre corps et en trouvant notre identité par rapport aux autres.

🇫🇷 Tu n’as pas le droit de manger ça n

Je m'appelle Emma, j'ai 24 ans.
Minimaliste, végane et féministe décoloniale.


Je parle de mode, un secteur qui rassemble de nombreux systèmes d'oppressions.

J'ai décidé de déconstruire ces structures et de créer la mienne.
J'ai décidé de quitter le salariat et vivre de ce qui me fait vibrer.

J'ai décidé d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y créer ma place.

Abonne-toi à la newsletter !

ARTICLES POPULAIRES