Nos bijoux polluent-ils encore plus que nos vêtements ?

Mis à jour : juil. 30



La mode pollue.

Je le sais, tu le sais, on le sait maintenant tous. 


Les pesticides, le tannage, les teintures, le transport des matières premières, les usines qui produisent toujours plus de vêtements. 


Cela place la mode en 2ème position en termes de pollution de l'eau. 

Les tanneries de cuir et les teintures sont respectivement 4ème et 10ème mondiales lorsque l'on parle de toxicité de l'industrie. 


Sympathique.

J'ai déjà commencé à couvrir ce sujet et tu peux retrouver mon guide de matières responsables ici


Mais, dans la mode, on ne retrouve pas que les vêtements. Il y a aussi les accessoires. Pas seulement les sacs à main, non. 


Il y a aussi les bijoux. 

On se souvient des reportages et livres sur les "diamants du sang" ou les ouvriers payés une misère à tamiser les rivières à la recherche d'or.  Donc oui, on sait vaguement que fabriquer des bijoux n'est pas très éthique.

Mais cela ne semble concerner que les bijoux hauts-de-gamme. 


Et bien pas vraiment. En fait, nous sommes toutes et tous concernés. 

Les activités minières, toutes confondues, se positionnent en troisième position des industries les plus toxiques.

L'orpaillage artisanal, lui, est septième (il s'agit de la recherche d'or dans les rivières). 


On a tous des bijoux en or qui trainent.

Mais l'on a aussi beaucoup de "nouveaux bijoux" dits éthiques. Souvent, ces bijoux sont en argent, ou, en laiton.

Ces deux métaux sont directement liés à l'exploitation des mines dans les pays du Sud et pourraient être encore plus nocifs pour l'environnement que l'or.


Le laiton en particulier, que tout le monde s'arrache en ce moment (les bijoux LouYeTu en particulier), est un alliage de cuivre et de zinc.

Deux métaux particulièrement polluants à extraire.

Leur exploitation participe à une érosion excessive (qui finit par boucher les rivières et tuer la faune et la flore présente dans le coin) et contamine grandement les cours d'eau proches en déversant des produits chimiques et de l'acide sulfurique nécessaires pour l'extraction des métaux.


La plupart des métaux, dont le cuivre, ne se détruisent pas dans l'environnement.

De ce fait, ils peuvent s'accumuler dans les plantes et les animaux lorsqu'ils sont présents "déterrés" par l'Homme.

Sur les sols riches en cuivre, seul un nombre limité de plantes a des chances de survivre. C'est pourquoi, il n'y a pas beaucoup de diversité de plantes près des industries rejetant du cuivre.

On comprend donc pourquoi le cuivre est une sérieuse menace pour l'agriculture des populations proches des gisements. Le cuivre peut sérieusement influencer ce qui se passe sur les terres agricoles car il peut interrompre l'activité du sol en influençant l'activité des micro-organismes et des vers de terre. Quand le sol des terres agricoles est pollué par du cuivre, les animaux sauvages et d'élevage absorbent eux aussi des concentrations importantes leur causant des problèmes de santé.


L'exploitation des métaux est non seulement nocive pour l'environnement et les animaux, mais aussi, par ricochet, pour les Humains.


Au Chili, où l'exploitation du cuivre est un pilier de l'économie nationale, les multinationales minières ont dévasté les paysages, asséché et pollué les cours d'eau et poussé à l'exil des habitants de villages entiers.

Le nombre de villes fantômes a significativement augmenté sur les 20 dernières années.

Les déchets miniers s'accumulent. L'arsenic et l'acide sulfurique imprégnés dans les champs, l'eau et l'air ont tué le bétail, les plantes et les Hommes.

Pas folles, les grandes multinationales ont profité de la misère des habitants pour leur racheter leurs droits en eau et continuent donc d'assécher et de polluer ces régions en toute impunité.


Alarmant n'est-ce pas ?

C'est pourtant la norme...

Exploiter les ressources minières demande beaucoup d'eau, des produits chimiques et de la main d'oeuvre peu chère. Cela a toujours des conséquences néfastes pour l'environnement et les êtres vivants dans la zone concernée.

Le projet de mine d'or en Guyane (porté par les Russes et les Canadiens) est très controversé pour cette raison. Le mettre en place impliquerait de déverser du cyanure (et du mercure) dans toute la zone, d'utiliser beaucoup d'eau et d'énergie ainsi que de couper une bonne partie de la forêt autour (déforestation encore et toujours).


Alors qu'est-ce qu'on peut faire ?


Acheter moins de bijoux tout d'abord : éviter, comme souvent, la sur-consommation.

Ensuite, privilégier les marques éthiques ayant des labels comme l'or FairMined utilisé par la maison joaillière JEM.

Mais, ces bijoux ont un coût...


Sinon, il est intéressant de privilégier les matières recyclées, car nous avons extrait assez de métaux pour survenir à nos besoins pour les 50 prochaines années...

Que ce soit en or recyclé chez Or Du Monde, chez Soko où tous les bijoux sont en laiton recyclé ou sur le site de Matières à Réflexion où tu trouveras de nombreuses marques de bijoux engagées sur le plan social ou environnemental.

Petits favoris : l'atelier Londres No13 qui propose des bijoux vraiment abordables tout en or et argent recyclées (aussi en livraison).


Certains sont chers, mais pas forcément plus que la plupart des bijoux fantaisie populaires en ce moment. Et, les bijoux, on peut aussi les récupérer. De nos grands-parents, nos parents ou dans des boutiques spécialisées (antiquaires, achat-vente,...). Ils seront de très bonne qualité et encore mieux que recyclés car aucune énergie n'aura été dépensée en plus.


Et puis, en soi, on n'a pas besoin de tant de bijoux que ça non? Une ou deux pièces dans chaque catégorie peut largement suffire.

Tu en penses quoi ?




Et pour plus d'infos sur chaque métal et ses impacts sur la santé et l'environnement tu peux regarder sur ce site où tu trouves tous les composés chimiques du tableau périodique !


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Je m'appelle Emma, j'ai 23 ans.
Minimaliste, végane et féministe décoloniale.


Je parle de mode, un secteur qui rassemble de nombreux systèmes d'oppressions.

J'ai décidé de déconstruire ces structures et de créer la mienne.
J'ai décidé de quitter le salariat et vivre de ce qui me fait vibrer.

J'ai décidé d'oeuvrer pour une société plus éthique et d'y créer ma place.

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